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Arezki Fatis : "On s'est souvent trompés, mais souvent remis en cause"

La Voix du Nord du 22 janvier 2009 - Par Frédéric Sourice  
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L'OGS se prépare dans l'effervescence à son 16e de finale de Coupe de France, contre Grenoble (L1), dimanche, à Tribut. Ce n'est pas la seule victoire de Grande-Synthe. Le club s'est structuré (+17 éducateurs cette saison !), n'a jamais autant brillé en 18 ans. L'OGS traînait une réputation. « Les incivilités, aujourd'hui, sont anecdotiques au club », assure le président Arezki Fatis, pas le genre à céder au fatalisme. Ce week-end, il rêve d'une grande fête et n'abandonne pas l'idée d'un exploit retentissant.

Samedi, en arrivant à la buvette du stade, une demi-heure avant le coup d'envoi de Grande-Synthe - Maubeuge, Arezki Fatis a fait son effet. Il tenait à la main l'affiche placardée dans la ville et à Dunkerque sur ces 16es de finale. Les « papys et les mamies » de l'OGS, des bénévoles qui sont depuis des décennies la richesse de ce club, sont accourus pour découvrir l'ouvrage. C'était forcément beau.

Grande-Synthe n'avait jamais disputé un 32e de finale de Coupe de France. Il se retrouve en 16e à défier une équipe de l'élite du foot français après avoir battu Calais, qui évolue trois échelons au-dessus. Ce soir-là, Arezki Fatis ne cache pas qu'« il a eu du mal à s'endormir. J'entendais encore les gens chanter : "qui ne saute pas..." » Moment intense pour cet homme viscéralement synthois. Il a grandi à Longwy, puis à 8 ans, est parti avec la famille pour rejoindre le Nord et Usinor, où un poste de pontonnier attendait son papa.

Depuis cinq ans, il a impulsé le renouveau de l'OGS. Ce qui ne signifie pas qu'il ne s'est pas d'abord perdu en chemin, comme un président trop pressé de poser son empreinte. « Quand je suis arrivé (2003), je pensais que la seule ambition, c'était de faire monter l'équipe 1. De gagner des matchs, c'est tout. En regardant, en écoutant, j'ai compris qu'il fallait d'abord structurer. On s'est souvent trompés, mais on s'est souvent remis en cause. » Arezki Fatis, comme on le fait parfois dans ce Nord fou de foot, même au niveau régional, a d'abord sorti les billets. « On a d'abord pris des gens qui avaient un nom. On s'est plantés. Ce n'étaient pas des compétiteurs, mais des gens qui venaient prendre un chèque. Dominique (Paternoga, l'entraîneur précédent) avait de bons joueurs, mais n'était pas le patron. Je lui avais dit en début de saison que s'il ne montait pas, il ne resterait pas.

Il croyait que je rigolais. En fin de saison, il est parti. » Grande-Synthe a décidé de faire confiance à Pascal Langlois, le Boulonnais. « Rien qu'en le voyant, j'ai su qu'il ferait l'affaire. Pourquoi ? Parce que je connais les hommes. (...) Pascal a accepté de baisser sa rémunération pour augmenter celle de son adjoint. Vous vous rendez compte ?», lance avec son regard intense le chef d'entreprise, qui a créé il y a quinze ans la SETIB (32 salariés aujourd'hui), une entreprise de bâtiment. Son fonctionnement de patron a dû surprendre au début dans ce club porté par « l'implication des papys », les Louis Baldant, André Rigaux, René Segard et Jean-Marie Boeuf. « L'idée, c'était de structurer. Je ne m'occupe pas de ce que font les vice-présidents. Je n'ai d'ailleurs pas signé un chèque. » Au sens propre s'entend. Areski Fatis n'a pas hésité à mettre la main à la poche. « J'ai réussi un peu plus que les autres. Je dois un retour. »

Identité synthoise

Rudy Demeester, hormis une parenthèse de deux ans à Calais, joue à l'OGS depuis 1998. « Ce n'est pas anodin ce qui nous arrive. Il y a eu une période où on a mis beaucoup d'argent sur les joueurs. Cela n'a pas marché. Avec l'arrivée du coach, on a retrouvé une cohésion d'équipe.

Aujourd'hui, il y a des joueurs, et j'en fais partie, qui ne partiraient pas pour plus d'argent. Il y a une transparence, une ambiance. On est revenus à des bases plus saines. Comme par hasard, on a des résultats. » C'est un Dunkerquois qui parle, avec passeport synthois et un accent de tendresse. « Dans cette équipe, il y a des grandes gueules, des comiques, des introvertis. Il y a un Algérien, un Italien, un Turc, un Portugais, un Camerounais, un campagnard flamand, Florian Franchois (sourires)... Quand je suis arrivé, en 98, il n'y avait pas un Maghrébin. Ça ne reflétait pas cette ville, sa diversité. Brasser beaucoup d'argent, ce n'était pas cette ville, qui est ouvrière, du port. Et ça n'a rien de péjoratif.

D'une faiblesse avant, on a fait une force. » Si la vitrine brille, l'arrière-boutique a retrouvé de la vie. L'OGS (500 licenciés) a recouvré une dynamique. Dix-sept nouveaux éducateurs ont rejoint l'association. « Il y a quelques années, on avait du mal à composer une équipe de 18 ans. Là, on en a trois. Et les gars ont atteint le premier tour fédéral de la Gambardella. C'est révélateur. On n'avait jamais eu de résultats dans cette catégorie. » Grande-Synthe semble sur la bonne voie. Pendant cette semaine, c'est tout un club qui va s'apprêter. Si le stade Deconinck est souvent vide, en championnat, Tribut sera plein, dimanche. « Si on tient une mi-temps, on aura toutes nos chances après », affirme le président. Ah ! si toutes les personnes attachées à ce club pouvaient avoir des difficultés à trouver le sommeil, dans la nuit de dimanche à lundi...

PAR FRÉDÉRIC SOURICE
PHOTO JEAN-CHARLES BAYON

 

Saïd Dabach, l'un des tauliers de l'OGS, serre la main de son président, Arezki Fatis.



 

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