Après Guillaume Leleu, suite de notre série sur les gens qui vivent le rugby dans le Dunkerquois. Aujourd'hui, rencontre avec la famille Dupont, viscéralement liée au club de Grande-Synthe. Le père, Roger, est président et entraîneur de l'équipe féminine. Les trois fils jouent en seniors. Anne-Sophie évolue avec sa future belle-soeur Valérie dans l'équipe féminine, dont Jacqueline, la maman, est la soigneuse...
Il est des histoires de famille intimement liées au sport. À Grande-Synthe, le sport, c'est visiblement une tradition familiale. Il y a les Bigote à l'OGS basket, les Limousin à l'OGS cyclisme et... les Dupont à FOCS rugby.
C'est à Béthune en 1969 que Roger, le père de la famille, a débuté le rugby. Sur un hasard. Élève de terminale, il fut invité à participer à une rencontre entre professeurs et élèves. De ce premier contact avec l'Ovalie débouchera la signature d'une licence en fin de saison, au stade béthunois. Roger qui s'était d'abord essayé au saut en hauteur, au tennis de table, au football et au judo est touché par le virus. Pour ses études, il migra vers Lille et c'est au LUC qu'il signa avant d'arriver sur l'agglomération dunkerquoise en 1978. « Je n'ai pas joué longtemps au stade Bethunois. J'ai pris ma licence en cours de saison. Je jouais 3/4 aile. Au LUC, j'étais 3/4 centre et j'ai fini la saison en 2 ligne », rapelle-t-il.
Responsable des espaces verts, aujourd'hui, à la ville de Grande-Synthe, il évolua durant trois saisons à Saint Pol, en Nationale 2. La dernière saison à Saint-Pol, on n'avait plus d'équipe réserve, on était donc certains de descendre. À l'époque, on était tous bénévoles et comme la fédération remboursait les déplacements en bus, il y, avait beaucoup d'argent en caisse. On avait donc organisé un voyage aux Baléares. Je n'ai pas pu y aller car Jacqueline était sur le point d'accoucher de Jean-Philippe. »
En effet, après Benoît, né en 1978 et Nicolas en 1980, la famille s'est agrandie avec l'arrivée de Jean-Philippe, en 1982. Les trois jouent aujourd'hui en équipe seniors à l'OGS. « On a 31 ans de mariage avec Roger. Il m'a de suite dit, c'est toi et le rugby. Je ne l'ai jamais empêché d'aller aux entraînements et aux matchs. Mais quand il jouait à Saint-Pol, ça a été difficile car les enfants étaient, petits et il faisait de longs déplacements », précise Jacqueline, la maman.
« Ça nous rapproche beaucoup »
Roger fut l'un des hommes à la base de la création de l'OGS rugby. Logiquement, au fil des ans, les garçons ont peu à peu intégré l'école du club pour désormais jouer tous les trois en senior. Pas le genre de garçons à se faire piquer leur goûter à la récré les Benoît (1,92 m, 104 kg), Jean-Philippe (1m98, 108 kg) et Nicolas (2m, 118 kg) !
Anne-Sophie, quant à elle, a dû patienter jusqu'en 2004 pour voir une section féminine se créer. Mais depuis, elle a rattrapé le temps perdu, fréquentant même de façon professionnelle le monde de l'Ovalie. « Elle travaille pour la fédération. Cinq filles ont été embauchées pour développer le rugby féminin dans toute la France. Elle s'occupe d'organiser des initiatives dans la zone Nord-Est », précise le papa.
S'il n'y avait pas eu ce nouvel élan, Roger avoue qu'il aurait peut-être ralenti la cadence. « Je venais d'arrêter d'entraîner les garçons. Je ne voulais pas laisser tomber, pour Anne-Sophie. Mais une équipe féminine, c'est difficile à pérenniser. Cette année, on a eu encore une dizaine de filles qui ont arrêté, il faut donc trouver de nouvelles joueuses. »
Pour Jacqueline, la création de la section féminine a indéniablement été un plus pour elle et pour la famille. « Je suis plus dedans depuis que j'accompagne les
Après l'entraînement, tout le monde passe à la maison. On parle rugby jusqu'à 1 h du matin...
filles et que je suis soigneuse. Avant, Anne-Sophie râlait car j'allais toujours au rugby et que je n'allais pas la voir au tennis. »
Désormais après les entraînements, la famille Dupont se retrouve dans la maison familiale. « Les mercredis et surtout les vendredis soirs, tout le monde repasse par la maison. On parle toujours de rugby. Et on en a souvent jusqu'à 1 h du matin... », précise Jacqueline, la maman. Avant de poursuivre : « Benoît habite sur Béthune. Anne-Sophie est à Lille. S'il n'y avait pas le rugby, on ne les verrait sans doute pas autant. Ça nous rapproche beaucoup, on a des objectifs communs. Et puis maintenant Valérie (la fiancée de Nicolas) est à fond dedans aussi. Laurence, la compagne de Benoît, a aussi été élevée dans le rugby. Son père a été président du comité départemental de Normandie. Avec Cindy, l'épouse de jean-Philippe, elles ont même failli signer cette saison à l'OGS », raconte Roger. Et Jacqueline de conclure : « On signe au rugby lorsque l'on rentre dans la famille Dupont."
FRED TOUCHARD
Jean-Philippe, Benoît, Nicolas, Roger, Anne-Sophie, Valérie et Jacqueline (g à d) : l'amour rugby