Ambiance digne des plus grands exploits de la Coupe de France, hier soir, au stade Tribut. Dans un froid polaire et sur un terrain gelé, les amateurs de Grande-Synthe ont dominé Calais (1-1, 4-2 tab). Méritée, cette victoire s'est construite au courage, notamment après l'ouverture du score calaisienne, dans la prolongation. Mais les valeurs synthoises ont finalement pris le dessus, pour le bonheur des supporters.
Les plus grandes joies proviennent parfois de moments anodins. Cette touche de la 112e minute pour l'OGS, à 15 m de la ligne de but calaisienne ne présume rien de dangereux. C'est pourtant elle qui amène le but synthois. Celui de l'égalisation, mille fois méritée. Car hier soir, c'étaient bien les joueurs de l'OGS les meilleurs.
Les plus vaillants à défendre des valeurs d'engagement et de solidarité. Les plus prompts à se jeter sur le ballon, à aller de l'avant. Les plus dangereux devant le but, aussi et surtout.
C'est de fait bien l'OGS qui ouvre les hostilités, à la 15e minute, sur une superbe action collective (Aboukassem, Cogalan) se finissant par la frappe de volée d'Essosso à six mètres du but, que Schille parvient à préserver inviolé. Calais est bousculé, dérangé au milieu de terrain par les récupérations incessantes de Muraglia et Dabach.
Mais les Calaisiens ne restent pas timides bien longtemps : Boutoille est ainsi tout près de marquer de la tête (26e), sur un service de la gauche de Ben Saada, par ailleurs l'un des seuls Calaisiens dans le coup hier. Une occasion partout à la mi-temps et on ne s'est pas ennuyé : un vrai match de Coupe.
La reprise est plus mollassonne. Le jeu est toujours aussi équilibré mais les échanges se ternissent. À vingt minutes du terme, Pascal Langlois décide alors d'être audacieux : un attaquant (Franchois) remplace un défenseur (Decae). Le nouvel entrant se met directement dans l'ambiance : se débarrassant virilement de son vis-à-vis, il se présente seul face à Schille à 9 m. Encore raté, le gardien calaisien est décidément très fort. La prolongation se dessine doucement, devient inéluctables.
Fatigués de leurs efforts, les Grand-Synthois se créent pourtant la première occasion. Et elle est énorme. Sur la gauche, Chabili offre des doudounes à toute la défense calaisienne et trouve, avec Franchois en relais, Claude Essosso. Seul à 6 mètres, l'attaquant tire à bout portant sur Schille, qui repousse, encore. On pense que l'OGS a laissé passer sa chance, d'autant que Roye et Calais crucifient Lacherez, pour l'ouverture du score (107e).
Mais l'envie et le courage des Synthois sont trop forts. Dans l'euphorie générale, Said Dabach parvient à emmener Tribut aux tirs-au-but (112e ). Deux tirs manqués des Calaisiens offrent finalement à Grande-Synthe la qualification. Les amateurs peuvent aller danser et chanter. Leur rêve, ils sont allés le décrocher au fond d'eux-mêmes.
PAR ADRIEN LANOY
PHOTOS JEAN-PIERRE BRUNET
Dominateurs, vaillants et solidaires, les joueurs de l'OGS ont mérité leur qualification. Une Ligue 1 est désormais attendue !