Éliminés hier après-midi par Grenoble, les joueurs de division d’honneur ne sont pas passés loin d’un exploit historique. Ils ont fait douter les professionnels de Ligue 1 et se sont même permis de mener au score.
Quatre mois et huit matchs après son entrée en lice dans l’épreuve, la longue aventure de l’OGS en Coupe de France est désormais terminée. La dernière bataille ne doit toutefois pas donner trop de regrets à ces vaillants amateurs qui ont livré un vrai match de Coupe comme on les aime, le genre de partie où l’on sent que quelque chose d’énorme pourrait arriver.
Lorsque les Grenoblois débarquèrent en début d’après-midi sur la pelouse du Stade Tribut de Dunkerque, on put d’ailleurs lire une certaine inquiétude sur leurs visages. Alors qu’un vent froid et une pluie fine balayaient l’atmosphère, mais pas la chaleur d’un public remonté comme une pendule, les pros de la Ligue 1 avaient l’air de se demander dans quel traquenard ils allaient tomber. Une inquiétude confirmée quelques minutes plus tard.
Sur sa première action bien construite, Grande-Synthe fit en effet chavirer de bonheur les trois mille spectateurs (1-0, 12e). Le buteur du jour, Florian Franchois, avait sans doute lu le message qui lui était adressé dans les tribunes, « Flo, fais nous rêver ! ». Effectivement, son but en a fait rêver plus d’un. Car si les Grenoblois étaient incontestablement plus rapides et supérieurs techniquement, l’intelligence de jeu, elle, penchait plutôt du côté des amateurs. « Mais, sincèrement, ça allait vraiment trop vite pour nous » ajuste Pascal Langlois, le coach de l’OGS. Celui-ci regretta surtout le manque de concentration de son équipe sur deux phases arrêtées qui allaient faire basculer le match en faveur des Grenoblois. La défense oublia d’abord Akrour, qui venait juste d’entrer en jeu pour dynamiser l’attaque, et le virevoltant petit attaquant algérien marqua sur son premier ballon, dans un silence de cathédrale (1-1, 29e).
Malgré cette égalisation, le moral des tribunes reprit vite le dessus, la mi-temps permettant de bien cerner la situation : oui, il y avait encore la place pour l’exploit. Mais il aurait alors fallu ne pas commettre une deuxième faute d’inattention, qui, cette fois, profita à l’autre attaquant grenoblois, Larsen Touré (1-2, 47e), prêté par Lille. Les rêves avaient pris du plomb dans l’aile, mais les petits poucets tentèrent quand même de trouver le chemin de l’exploit. Leur seconde période fut exemplaire de courage
et les dix dernières minutes de la partie se transformèrent même en attaque défense devant les buts grenoblois. L’esprit de la Coupe était bien-là, vibrant, passionnant, mais n’emporta finalement pas les pros de Ligue 1 sur son passage. Grenoble fit en effet le métier proprement, sans prendre à la légère son adversaire, et fut même soulagé de marquer pendant le temps additionnel, s’évitant ainsi encore une ou deux dernières minutes de folie. « On a bien défendu le foot amateur, on peut être fier de ce qu’on a fait » lâcha Pascal Langlois. À Grande- Synthe, qui retrouvera Templeuve dimanche prochain en championnat de DH, la Coupe est désormais pleine… de souvenirs.
PAR STEPHANE CARPENTIER
PHOTO JEAN-CHARLES BAYON
A l’image de son latéral droit, Sylvain Rovillain (à la lutte avec El Moubarki), l’OGS a réussi un grand match