Grande-Synthe fait face, aujourd'hui, au plus gros défi de son histoire. Le match le plus prestigieux, aussi, face à Grenoble, une équipe de l'élite. L'entraîneur Pascal Langlois livre ses sentiments.
> Pascal Langlois, qu'attendez-vous de ce match ?
P. L : « De pouvoir déstabiliser Grenoble. Ce que n'a pas su faire Dunkerque contre Lille (0-3). Si Grenoble met autant de sérieux que Lille, ce sera très compliqué. Sur leur site, j'ai vu qu'ils se préoccupaient plus de leur match en championnat, contre Monaco. À nous de les titiller. On va voir si on peut le faire. »
> La L1, c'est un autre monde. Le match entre Dunkerque et Lille vous a refroidi ?
« Je m'attendais à ça. Lille est sur une grosse dynamique. Grenoble, sur une moins bonne spirale. Leur objectif, c'est le maintien en L1. Il y a de gros enjeux financiers derrière. La crainte, c'est qu'ils ont un effectif expérimenté, avec beaucoup de gars de 32-33 ans. Ils ont déjà vécu ces matchs de Coupe. »
> Pourquoi avoir choisi de faire une mise au vert (lire échos) avec votre équipe ?
« Déjà, pour bien se préparer, même si les gars auraient été sérieux avant un match comme ça. Et puis, pour être ensemble, savourer. Ça reste un peu exceptionnel, un week-end à part. On m'a dit : "ça va être une pression supplémentaire." Mais la pression n'a pas lieu d'être. On a besoin d'un stress positif. Je veux faire passer le message : on peut se qualifier, c'est possible. Si on rentre dans un autre état d'esprit, on est morts.»
> S'il n'y avait pas eu Schirrhein, vous auriez été le petit poucet de la Coupe, dans la lumière médiatique. C'est un regret ou c'est une bonne chose pour la qualité de votre préparation ?
« (Sourire) C'est une bonne préparation pour la suite... Vu la semaine qu'on a passée, même si ce n'est pas désagréable, heureusement qu'il y a eu Schirrhein. »
> Comment décririez-vous votre groupe ?
« Ce sont des gars qui ont plaisir à être ensemble. En début de saison, on a redéfini pas mal de choses. Que ce soit sur le plan financier, sportif. On a lancé un projet club, pas que sur l'équipe première. Ça permet de bien vivre, car on connaît le cadre. Et tout est clair. Quand tout le monde sait que les cadres de l'équipe touchent 382 E par mois et que les jeunes ont une prime quand ils jouent, c'est plus simple. On est en DH. On avait sûrement dépassé le niveau à un moment. Si la Coupe nous ramène de l'argent, on ne changera pas d'un iota. On insistera plus sur l'aspect formation. » > Vous avez les résultats, ce qui simplifie pas mal de choses, mais on sent beaucoup de respect des joueurs, des dirigeants, des bénévoles de l'OGS à votre sujet ? Qu'est-ce que vous leur avez fait... « Tant mieux si les échos sont bons. L'idée, c'est de rassembler toutes les forces, toutes les familles de ce club. On essaie de créer un climat serein. J'aime la convivialité. On ne se prend pas au sérieux, mais quand il y a la compet', c'est terminé. On doit être compétiteur. Chacun doit s'exprimer avec ses origines et respecter un cadre. On parle souvent de club de quartier. Si un club de quartier, c'est un club avec des valeurs d'intégration. Alors, c'est super un club de quartier ! J'ai essayé d'amener ma touche et j'ai pu m'appuyer sur Jean-Marc Froissart et Laurent Moriss. »
> Craignez-vous le retour à la « vraie » vie, dimanche soir ?
« Non, on en a déjà parlé avec les gars. Et puis, je ne l'espère pas, je n'y crois pas... »
F. SOURICE
ascal Langlois : «La pression n'a pas lieu d'être. On a besoin d'un stress positif.» Ph. J-CH. B.