Les gamins de l'Albeck espéraient Marseille, c'est Calais qui se présente ce soir (coup d'envoi à 18 h, au stade Tribut à Dunkerque) face à l'OGS pour ce 32e de finale de la Coupe de France. Rudy Demeester, défenseur et capitaine, qui travaille tous les jours avec ces jeunes, ne s'en plaindra pas. Face à son ancienne équipe, il rêve d'un exploit pour Grande-Synthe, le club de son coeur.
Faire les choses simplement, vivre leur rêve et ne rien regretter. La formule a été entendue déjà maintes fois dans cette situation, mais concernant Rudy Demeester, elle n'est pas futile. Car l'homme est simple, facile d'accès et vit sans se prendre la tête. « Ce n'est pas un match comme les autres, malgré tout. Mais on n'a pas changé nos habitudes », insiste l'éducateur de métier. Trois entraînements cette semaine (le dernier hier soir) et un petit repas ensemble ce midi : le programme d'avant-match classique, l'effervescence en plus. « C'est un mélange en fait : de stress et d'excitation. » Ce petit plus de la Coupe, Rudy Demeester l'a senti cette semaine en ville. « Les bus ont une affiche annonçant le match, on nous en parle dans les magasins, on nous encourage. Il y a un effet coupe assez sympa », reconnaît le défenseur. Calais et son passé dans l'épreuve n'y sont pas étrangers. « C'est une histoire qui parle aux gens. Les battre serait un bonus pour l'image du club. » Depuis plusieurs années, l'OGS pâtit en effet d'une réputation difficile. « Malheureusement, déplore le vice-capitaine synthois, car c'est tout l'inverse. C'est un club familial, avec des bénévoles extraordinaires, des gens au club depuis des années et toujours prêts à aider. » Des jeunes de quartiers sur les terrains, aussi, qu'il faut parfois tempérer et encadrer. Tout naturel pour lui, l'éducateur de métier et le joueur d'expérience. « J'essaie de discuter avec eux, de les entourer. Mais je n'ai pas envie d'être un grand frère, je n'en ai pas la légitimité. Je n'ai pas 200 matchs de L2 derrière moi, seulement quelques piges en National, c'est tout », expose-t-il humblement.
Ces bouts de matchs au niveau semi-professionnel, Rudy Demeester les a joués... à Calais. Une équipe qui n'est donc pas une découverte pour lui. « Dès le tirage, en voyant Calais sortir pour nous, j'étais content. Cela voulait dire un beau derby contre mon ancien club. » Mais la perspective de batailler contre un club de National l'a vite rattrapé. « Ça va être très difficile de passer mais en étant ambitieux, il y a un coup à jouer. » Au final, cette affiche lui convient très bien. « Entre Saint-Omer contre Guingamp et OGS contre Calais, je signe tous les jours pour Calais. »
« L'OGS, mon club de coeur »
Cette rencontre est également pour lui l'occasion de boucler son tour d'horizon des clubs locaux. « Après avoir joué Cappelle au 3e tour, mon club d'enfance, je vais jouer Calais, mon ancien club, avec l'OGS, mon club de coeur, à Dunkerque, mon club formateur. » Cerise sur le gâteau, c'est en 32e de finale que ce match a lieu. Une première pour tous les joueurs grand-synthois. « Notre groupe est très jeune : à 28 ans, je dois être un des plus vieux. Beaucoup ont à peine 18 ou 20 ans. » Dès lundi, victoire ou pas, Rudy Demeester retrouvera d'autres jeunes, ceux des quartiers. « Ils sont fous de foot et me parlent de la Coupe depuis des semaines. » Pour eux, Rudy n'est pas encore une star du ballon rond mais cette aventure a mis en valeur l'OGS. « Si cela peut permettre de changer l'image du club et de recruter des jeunes, tant mieux », espère Rudy Demeester. Toujours simplement.
PAR ADRIEN LANOY
PHOTOS JEAN-CHARLES BAYON
Pour la première fois, Rudy Demeester, défenseur de l'OGS, va disputer un 32e de finale de Coupe.