La semaine passée face à Grenoble, lors du 16e de finale de la Coupe de France, Sylvain Rovillain a impressionné ceux qui n'ont pas l'habitude de le voir évoluer en DH. Le latéral gauche de l'OGS, explosif dans les duels, reste hors des terrains un homme sympathique, tranquille et discret. À tout juste 22 printemps, Sylvain Rovillain fait partie des plus anciens joueurs du club synthois, qui doit maintenir rebondir en championnat.
Arrivé à Grande-Synthe à 16 ans sous la houlette de Dominique Paternoga, après avoir été pendant trois saisons pensionnaire du centre de formation du LOSC où il a côtoyé Thomas Lacherez, Sylvain Rovillain a vu ses rêves de professionnalisme s'évaporer. « J'ai été blessé au ménisque. Ils ont mis du temps à trouver un rendez-vous pour une IRM. Je ne vais pas rentrer dans la polémique, mais on aurait dit que c'était fait exprès. Je regrette parce que Lille m'a fait des promesses. Mais quand tu es blessé, ils t'abandonnent ».
Après ce gros coup d'arrêt, il était prévu qu'il aille jouer avec les 16 ans nationaux de l'USLD, mais c'est finalement à l'OGS qu'il a rebondi. « Dunkerque avait refusé de monter chez les nationaux et je me serai retrouvé à jouer en PH. J'avais déjà perdu trop de temps. » Arrivé sur la pointe des pieds, il a peu à peu gagné ses galons de titulaires dans un groupe qui cette année semble avoir gravi un échelon. « On est fort soudés. C'est un plaisir de venir à l'entraînement. Ça donne encore plus envie. » Dimanche dernier, face à Grenoble, ses tacles glissés, ses relances ou ses rushs sur son flanc droit ne sont pas passés inaperçus. Successivement au marquage de Touré, Courtois, Dimitrijevic et El Moubarki, Sylvain n'a jamais été impressionné par les « pros ». « Jouer Grenoble, ça ne me fait rien. Les joueurs ont deux jambes comme nous. Ils ont juste plus d'entraînements. C'est tout. Quand je rentre sur un terrain, c'est pour me défoncer, qu'importe l'adversaire. D'ailleurs, je n'ai pas d'équipe préférée, je ne suis même pas le football. Moi, je me bats pour le club et pour le public. » Et quand on lui rapporte les échos on ne peut plus positifs entendus à son sujet dans les travées du stade Tribut, l'intéressé reste modeste. « Ça fait plaisir d'entendre ça, mais c'est normal, c'est mon rôle. Je suis fier d'avoir été jusque-là, fier de cette équipe », reconnaît Sylvain.
En fin de saison, il ne serait pas contre un retour de l'OGS en CFA2, lui qui a déjà vécu la montée, il y a cinq ans, après un match de barrage face à Laon.
On n'y est pas encore. Grande-Synthe et Sylvain Rovillain doivent maintenant oublier la coupe pour se replonger dans le championnat avec la réception, dimanche, de Templeuve, l'équipe surprise de cette saison. Sylvain est prêt au combat !