Si l'équipe féminine de l'OGS rugby vit une saison particulièrement difficile dans son championnat de Nationale 1, sa capitaine Audrey Debast-Devaux a tapé dans l'oeil des sélectionneurs nationaux.
Deux ans après sa première sélection en Angleterre, la capitaine nordiste a donc été appelée en équipe de France A (antichambre de l'élite) pour affronter l'Écosse, il y a quinze jours, puis la Hollande, samedi dernier. « Je suis allé superviser le match Chilly Mazarin - Grande-Synthe durant lequel Grande-Synthe n'a pas été à son avantage. Et ce jour-là, j'ai vu une fille qui était capitaine et qui surnageait dans cette tempête, c'était Audrey, explique Éric Planes, l'entraîneur de l'équipe de France. Avec beaucoup de courage et de générosité, elle a maintenu ses partenaires. J'ai donc souhaité lui redonner une chance au niveau de l'équipe nationale. »
Une sélection qui a été accueillie comme il se doit chez les Devaux, à l'image de Nicolas, le mari, enchanté de la reprise de la carrière internationale de son épouse. « C'est toujours un plaisir de la voir jouer à ce niveau-là et de la voir heureuse de le faire. Il faut prendre ce qu'il y a de bon à prendre. » Titulaire en deuxième ligne face aux Écossaises, elle a joué toute la rencontre, sortant de la pelouse avec les éloges de son coach. « Elle a été l'une des poutres de notre paquet d'avants. Elle s'est beaucoup investie dans les tâches obscures, les tâches de combat et s'est montrée performante dans la conquête et en touche. Elle a marqué des points. » Un bonheur pour l'intéressée et pour Laurent Schimpf, l'entraîneur synthois, qui sait combien cette sélection est importante pour le club, l'équipe et, bien évidemment, la joueuse. « La sélection d'Audrey nous permet de justifier le maintien de l'équipe de Nationale 1. Si on était descendu en Nationale 2, il n'y aurait eu aucune possibilité de sélection en équipe de France. Si les filles n'avaient pas fait l'effort, Audrey n'aurait pas eu cette sélection. »
À 32 ans, Audrey, surnommée « tarée » dans son club « parce que c'est la seule chose qui rimait avec Audrey », précise-t-elle, prend un énorme plaisir à jouer dans de telles conditions. « C'est un vrai plaisir, c'est que du bonheur. Je l'accueille comme une deuxième vie, c'est quelque chose de fort. Une sélection, on ne peut pas l'accueillir autrement. » Samedi dernier, à Amsterdam, Audrey a une nouvelle fois contribué au succès de l'équipe tricolore, qui s'est largement imposée 42-0. « Ça a été plus dur que la dernière fois, surtout devant », reconnaît-elle, elle qui a joué devant ses copines de l'OGS Rugby venues la soutenir. Nicolas, son mari, et ses trois enfants n'avaient, eux, pas fait le déplacement pour une bonne raison. « Cette semaine, je devais être au ski. Nicolas est donc parti avec les enfants et mes beaux-parents. » Audrey, qui commence à prendre goût à l'équipe de France, espère voir une nouvelle fois son nom couché sur la prochaine liste qui sera dévoilée mardi soir. Elle ne serait donc pas contre un nouveau voyage en Angleterre, là où elle a, pour la toute première fois, porté le maillot frappé du coq.
FRÉDÉRIC TOUCHARD
Samedi, à Amsterdam, Audrey a largement contribué au succès de l'équipe tricolore.