L’arrivée d’un marathon est un condensé d’images fortes. Fierté, larmes, derniers mètres à l’arraché, ces 42,195 km restent une aventure.
On l’a vu arriver la tête dans les épaules, un rictus déformant son visage. Mais sa foulée restait honnête, après plus de 4 h 14 d’efforts.
Gérard Rondelé, bientôt 60 ans au compteur, recense désormais 20 marathons derrière lui. Dunkerque, donc, pour la 2e fois, mais aussi Paris (4 fois), Rotterdam, etc... Ce Grand-Synthois ne s’imagine pas sans la course à pied. « C’est la santé, le bien être. Je cours 5-6 fois par semaine. C’est comme une drogue. Et cela me fait oublier ma maladie. Je suis pris par l’amiante. » Ce natif de Saint-Pol rêve maintenant de New York… La course à pied, comme un dérivatif. Dimanche, des dizaines d’hommes et femmes avaient rendez-vous avec eux-mêmes. Depuis des mois, ils en parlaient de ce marathon. Il occupait leur esprit, dévorait les heures de temps libre. Le jour J était venu. Alors, forcément, le bonheur et l’émotion semblaient intenses pour certains à l’arrivée. Plein de pudeur, on a vu un homme se réfugier dans le creux de l’épaule de sa compagne, qui pleurait à chaudes larmes. Son homme avait dû explorer, l’espace de 42,195 km, une partie de son être.
On pense aussi à cette athlète de Gravelines, qui a fini chancelante, avant de tomber après la ligne. Vite prise en charge par les secours, elle recouvra assez vite ses esprits. On ne lâche pas facilement le défi fixé à soi-même. Pour preuve, sur les 387 athlètes pointés à mi-course, seuls six n’ont pas franchi la ligne d’arrivée, devant le Kursaal. On le devine, la mort dans l’âme.